Les personnalités du château de Rixensart

Personnalités ayant habité ou séjourné au château

Le château de Rixensart a connu des habitants de marque. Outre Félix de Merode, l’artisan de l’indépendance de Belgique ou son fils Xavier, fondateur des Zouaves pontificaux et archevêque de Mélitène, il a aussi vu séjourner Charles de Montalembert qui avait épousé leur fille ou sœur, Anne de Merode. Voici un bref aperçu de la vie de ces 3 personnalités :

Comte Félix de Merode
(1791 – †1857)

Félix de Merode (°1791- †1857) – hérite de Rixensart par son père. Sa vie va être très occupée par son engagement politique au moment de la révolution belge. Il fait partie du groupe des notables qui dès le 26 août 1830 vont essayer de gérer la révolution. A la suite des évènements de septembre, il se réfugie d’abord à Rixensart. Revenant à Bruxelles le 26 septembre, il prend la tête du Gouvernement provisoire mais refuse la proposition qu’on lui fait de régner sur la Belgique. Il est co-auteur et co-signataire de la Constitution belge. Il fait partie de la délégation belge qui se rend à Londres pour sonder les intentions du prince Léopold de Saxe-Cobourg, le futur roi des Belges.

A sa mort, des obsèques nationales sont célébrées, et sa dépouille ramenée de Bruxelles, reçoit de la population de Rixensart un hommage ému et unanime. Le Baron Nothomb dira de lui dans une allocution à sa mémoire au parlement: « Quand un Merode meurt, la Belgique saigne ».

Félix de Merode est le frère de Frédéric de Merode (°1792 †1830) mortellement blessé à Berchem le 23 octobre 1830.

Charles de Montalembert
(1810 – †1870)

,Anne de Merode, fille de Félix et soeur de Xavier, épouse en 1836 Charles de Montalembert (°1810†1870) Pair de France. Il est cofondateur avec Lamennais du journal « L’Avenir » Il se fait le chantre du catholicisme libéral et de toutes les libertés. La doctrine du catholicisme libéral est condamné par l’encyclique « Mirari Vos ».

Charles accepte le verdict du pape Grégoire VII mais il continue à combattre pour la liberté de l’enseignement et la liberté de presse. Auteur de nombreux ouvrages, Il est reçu à l’Académie française au siège de Chateaubriand. Depuis son mariage il se lie d’une amitié très profonde avec son beau-frère, Monseigneur Xavier de Merode, et c’est à Rixensart qu’il se retire pour achever son oeuvre majeure: Les moines d’Occident de St Benoît à St Bernard. Moins de 3 ans plus tard, il meurt en mars 1870.

Monseigneur Xavier de Merode
(1820 – †1874)

Monseigneur Xavier de Merode (°1820 †1874)  fils de Félix de Merode est d’abord attiré par la carrière des armes. Sorti de l’Ecole Royale Militaire de Belgique, il prend part à la campagne d’Algérie sous les ordres du Général de Lamoricière et reçoit la Légion d’honneur.

En 1847, il démissionne et s’inscrit au Collège Romain pour devenir prêtre. Lorsque les révolutionnaires entrent à Rome obligeant le Pape Pie IX à fuire, il reste à Rome et s’emploie à secourir les blessés. Pris par les Garibaldiens, il est fait brièvement prisonnier. Le Pape, à son retour d’exil le nomme en 1850, « camérier secret » et directeur des prisons pontificales. Xavier se met au service du Pape et contribue activement à la réorganisation et à la modernisation des États Pontificaux après le rétablissement par les troupes françaises de l’ordre public dans la ville. Il est convaincu cependant que le Pape doit pouvoir se défendre seul sans être toujours dépendant de la France.

Nommé ministre des Armées Pontificales, Xavier crée en 1860, avec l’aide du général de Lamoricière, l’armée des Zouaves Pontificaux pour défendre le Saint-Siège contre les troupes piémontaises. L’opération échoue et l’armée pontificale est dissoute après la défaite de Castelfidardo.

Nommé archevêque de Mélitène le 22 juin 1866, il assiste au premier concile du Vatican.

Son influence culturelle et son oeuvre d’urbanisme est importante: il participe activement à la rénovation urbaine de la ville éternelle, il empêche la destruction du Colisée, restaure le château Saint-Ange, il organise les fouilles qui permettront de découvrir les catacombes de St Callixte et de Ste Domitille.

Mais c’est surtout son oeuvre sociale qui a été immense: il a construit des écoles, des hôpitaux, des prisons plus humaines encadrés par des religieux venus de Belgique. Sa charité était proverbiale, il s’est dévoué inlassablement auprès des plus démunis. Il est enterré non pas à Rixensart mais au Vatican dans le fameux Cimetière des Teutons et des Flamands, situé à côté de la basilique Saint Pierre.

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